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INFORMATIONS
PRÉOPÉRATOIRES DESTINÉES AUX PATIENTS TRANSSEXUELS
MASCULINS CANDIDATS A UNE
TRANSFORMATION CHIRURGICALE
(NB.
La clarté des explications écrites repose sur une terminologie
précise. La logique des genres de la langue française appliquée à
l'anatomie et à la chirurgie oblige à parler au masculin "du
patient" avant
l'intervention, et au féminin
"de la patiente opérée"
après l'intervention. Il n'y a là
aucune connotation morale, mais il est bien évident que cette
subtilité sémantique déplaît à la personne concernée, dont on veille
en pratique à ne froisser ni la sensibilité ni la conviction.) |
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| AVANT
L'INTERVENTION |
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Une consultation d'anesthésie est nécessaire un mois
au moins avant l'intervention. Des prélèvements d'autotransfusion
sanguine y seront prescrits, dans le but d'éviter une transfusion
avec du sang de donneur. Deux ou trois flacons de sang devront donc
être prélevés dans le mois qui précède l'intervention.
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La vaccination antitétanique doit être vérifiée,
et complétée si nécessaire par le médecin traitant.
·
L'aspirine, les anti-inflammatoires et/ou les médicaments
qui en contiennent sont formellement interdits pendant les 10 jours
qui précèdent l'intervention, afin de réduire le risque hémorragique.
Le
tabac doit être arrêté trois semaines au moins avant
l'intervention, afin de réduire le risque de nécrose de la peau du
néo-vagin. Attention, les patches à la nicotine comportent le
même risque de nécrose.
·
Le traitement hormonal par oestrogènes doit être arrêté
un mois avant l'intervention, afin de réduire le risque
thrombo-embolique.
·
Pour lutter contre ce risque de phlébite, des bas de
contention élastique en coton (classe 2) doivent être achetés
pour être fournis le jour de l'hospitalisation, la veille de
l'intervention.
Il est vivement conseillé de commencer le
régime alimentaire sans résidus quelques jours avant
l'hospitalisation.
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| L'INTERVENTION |
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L'intervention
chirurgicale a pour buts l'ablation des deux
testicules, l'amputation de la verge, et la création d'un vagin
(tapissé par la peau de la verge, insensible) et d'un clitoris
vivant et sensible.
Sa durée est de 2
à 4 heures, variable selon l'intensité des saignements et la
nécessité ou non d'une greffe cutanée.
Si le vagin semble
trop court pendant l'intervention, il peut être immédiatement
allongé par une greffe de peau totale prélevée sur le scrotum et/ou dans le pli de
l'aine, au prix d'une cicatrice supplémentaire à ce niveau.
Pendant
l'intervention, qui est réalisée en position gynécologique, les
principaux risques sont :
·
Une compression jambière localisée exagérément prolongée,
avec un risque de nécrose musculaire ischémique (syndrome de loge)
et/ou un risque de paralysie du nerf sciatique poplité externe
(sensibilité du dos du pied, muscles releveurs externes du pied).
Pour diminuer ce risque, des jambières spéciales sont installées
sur la table d’opération ; elles protègent la jambe avec
des coussins de gel de silicone.
·
Une blessure opératoire du rectum lors du décollement
destiné à créer le néo-vagin est très rare mais possible
(environ 1 cas sur 100). Si elle survient, elle est immédiatement réparée
par suture et n’entraîne en pratique aucune conséquence.
·
Une phlébite, avec risque d'embolie pulmonaire. C’est pour
diminuer ce risque qu’il faut arrêter les hormones un mois avant
l’intervention, que des bas de contention sont préconisés
pendant l’intervention, et que des anticoagulants sont injectés
chaque jour pendant toute la durée de l’alitement..
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| APRÈS
L'INTERVENTION |
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·
dans le but de favoriser la cicatrisation du néo-vagin, le
lever est interdit pendant 6 à 7 jours. De même, tout ce qui
favorise les efforts de poussée abdominale est combattu (régime
sans résidus, antidiarrhéique, tabac déconseillé). Un traitement
anticoagulant par injections sous-cutanées quotidiennes est
prescrit, afin de réduire le risque de phlébite lié à
l'alitement prolongé.
·
Il est recommandé de boire beaucoup d'eau (2 à 3
litres par jour) pour réduire le risque d'infection urinaire lié
à la sonde, qui est conservée pendant une semaine.
·
Un traitement antibiotique prophylactique, commencé pendant
l'intervention, est poursuivi pendant les 48 heures suivantes dans
le but de réduire le risque de gangrène du périnée.
·
Les pansements sont refaits tous les jours, et il est
habituel de constater des saignements importants de la région
opérée, qui peuvent parfois conduire à des transfusions sanguines. Des ecchymoses plus
ou moins étendues sont banales dans la région opérée. La
surveillance quotidienne a pour but dans les 3 ou 4 premiers jours
de dépister un hématome postopératoire, qui nécessiterait
d'être évacué et drainé sous anesthésie générale.
·
Le pansement qui maintient le vagin en place
("bourdonnet") est retiré vers le 6ème
jour, date à laquelle sont autorisés le lever et un régime
alimentaire normal . A partir de ce moment, le port d'un conformateur
vaginal est préconisé, qui peut être réalisé avec des
compresses roulées de façon serrée et entourées par un préservatif
lubrifié par de la pommade de vaseline. Ce conformateur a pour but
de s'opposer à la rétraction naturelle qui accompagne les phénomènes
de cicatrisation pendant les 2 ou 3 premiers mois qui suivent
l'intervention. Il doit donc si possible être porté jour et nuit,
ce qui n'est pas toujours réalisable. Un certain apprentissage est
nécessaire pendant les premiers jours pour mettre correctement ce
conformateur en place dans le vagin, en évitant les orifices des
lames de drainage.
NB. Ce petit conformateur souple n'a
évidemment aucune ambition de dilater le vagin ou d'en augmenter les
dimensions. Si cela est nécessaire, l'emploi d'un conformateur
rigide de dilatation, très différent, vous sera préconisé et
expliqué ultérieurement, après la cicatrisation complète, lorsque
les tissus seront suffisamment solides pour le supporter. Mais un
conformateur rigide est certainement contre-indiqué dans les suites
immédiates de l'opération, car il risquerait de nécroser la peau du
vagin (voir plus loin).
·
La sonde urinaire est retirée vers le 7ème
ou 8ème jour. Des problèmes
de rétention urinaire réflexe sont souvent observés au moment de
ce sevrage. Ils conduisent à replacer immédiatement une sonde
urinaire, qui sera alors laissée en place trois semaines
supplémentaires. Cette sonde n'empêche pas la sortie de l'hôpital et
le retour à domicile.
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| APRÈS
LA SORTIE DE L'HÔPITAL |
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· En l'absence de complications, la sortie a lieu
habituellement vers le 9ème
ou 10ème jour après
l'intervention. Les soins locaux quotidiens sont très simples et
peuvent être réalisés par la patiente seule : douche à l'eau et
au savon, conformateur vaginal (voir plus haut), et protection du
slip.
Lorsqu'il est autorisé, le retour à domicile peut se faire sans
risques par les transports en commun (train et avion compris).
· La cicatrisation complète est généralement obtenue en 4 à
6 semaines. Il n'est pas nécessaire de faire retirer les fils, qui
se résorbent spontanément.
· Dans certains cas rares, une nécrose de la peau du vagin
plus ou moins étendue peut être observée dans les jours qui
suivent l'ablation du bourdonnet. Cette nécrose peut être liée à
plusieurs causes, parmi lesquelles le tabagisme est
bien connu. C'est la raison pour laquelle le tabac doit si possible
être totalement arrêté au moins trois semaines avant l'intervention
et 3 semaines après l'intervention. La nécrose de la peau du vagin nécessite des pansements
gras pluriquotidiens. Selon son importance, elle peut retarder la
cicatrisation de plusieurs semaines voire de plusieurs mois, et elle
comporte un risque de retrécissement du vagin qui doit être combattu
par des conformateurs rigides.
· Pendant les premiers temps, les urines ne s'évacuent pas en
jet unique, mais de façon dispersée. Malgré les précautions qui
sont prises lors de l'intervention pour tenter de l'éviter, il
existe par ailleurs un risque de retrécissement progressif du méat
(orifice) urinaire avec la cicatrisation. Lorsqu'il est très
serré, ce retrécissement peut faire l'objet d'une retouche
chirurgicale.
· Après cicatrisation, la morphologie extérieure de la vulve
est habituellement très correcte. Il existe cependant souvent une certaine asymétrie au niveau des
grandes lèvres,
qui est iée au passage sous la peau du pédicule
du néoclitoris. La sensibilité de ce dernier est très souvent ressentie de façon désagréable
pendant les premières semaines. Cette hypersensibilité est
transitoire et s'améliore spontanément avec le temps.
·
Si une retouche est nécessaire pour améliorer
l'aspect extérieur, ce qui est rare (15 à 20 % des cas environ),
elle ne peut avoir lieu que lorsque la
cicatrisation est complètement obtenue et assouplie, c'est à dire au
moins trois mois après la première intervention. Il s'agit en règle
générale d'une intervention mineure.
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| FINALEMENT |
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Finalement, il faut
savoir que le problème essentiel de la transformation chirurgicale
concerne le vagin, dont les dimensions et la fonction ne sont
pas toujours normales. Ses dimensions dépendent en effet avant tout
de la quantité de peau qui est disponible au départ sur la verge,
mais aussi de la conformation anatomique du bassin et du périnée.
Ces dimensions sont souvent réduites. Par ailleurs, le
vagin étant tapissé de peau et non de muqueuse, il doit être
lubrifié lors des rapports sexuels.
En règle générale,
si les interventions chirurgicales permettent
d'obtenir des organes génitaux d'apparence extérieure voisine de
la normale féminine, il est en revanche le plus souvent
illusoire d'espérer
que cette fonction soit tout à fait normale. Tout est néanmoins
tenté pour s'en approcher le plus possible.
NB. La
transformation chirurgicale est évidemment irréversible, et il est
donc impossible de revenir à l'état antérieur.
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